Minima que dalle

Artiste(s)

Fabian Rouwette, Frédéric Darras, Pierre Gerard, Raphaël Van Lerberghe, Yoann Van Parys

Expo

Du 20 février au 21 mars 2026

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Minima que dalle, une exposition collective réunissant cinq artistes aux univers singuliers.
Derrière ce titre volontairement provocateur se cache une double lecture : un jeu critique avec l’idée de minimalisme en art, mais aussi une réaction aux restrictions économiques, politiques et sociales contemporaines.

« Minima que dalle », c’est refuser l’austérité imposée comme horizon esthétique et existentiel.

Loin d’une approche formelle du minimalisme, l’exposition propose une diversité de pratiques où se croisent expérimentation, tension organique, hasard et observation du réel.

MQD Raphael Van Lerberghe
MQD Frédéric Darras
MQD Pierre Gerard
MQD Fabian Rouwette
MQD Yoann Van Parys

Seriez-vous un bon shérif ?

Au départ, il y avait une hésitation sur la forme.

Comment penser la réunion de cinq artistes invités à exposer ensemble — sans qu’ils constituent un collectif au sens fort ?

Brochette ?
Hamburger ?
Partition ?
Exposition ?

Alignement, superposition, simultanéité réglée, simple voisinage ?

Puis apparaît le dessin :
un miroir de saloon dans lequel cinq cow-boys ont tiré, chacun une balle.
Chaque impact porte l’initiale du tireur.

Mais ce n’est pas une vitre neutre.

C’est un miroir.

Autrement dit : on tire dans une surface qui renvoie l’image de celui qui regarde.

La règle physique est connue :
une fissure qui rencontre une autre s’arrête.
Elle ne la traverse pas.
Le temps se lit dans les interruptions.

Le premier tir ouvre le champ.
Le second doit composer avec lui.
Les suivants héritent d’un territoire déjà entamé.

Ce dessin ne représente pas seulement une énigme.
Il montre comment une forme se constitue progressivement.

Un dessin se construit ainsi :
de proche en proche.
Un trait appelle un autre trait.
Une décision limite les suivantes.
Une ligne oblige à bifurquer.

On ne part jamais d’un espace intact.
On part d’un champ déjà affecté.

Dans Minima que dalle, les cinq artistes ne forment pas un collectif soudé par une esthétique commune.
Ils ne sont ni empilés ni alignés.
Ils ne chantent pas sur une même portée.

Ils partagent un espace.

Et cet espace n’est pas neutre.

Comme le miroir du saloon, il réfléchit les gestes.
Chaque proposition infléchit la lecture des autres.
Chaque œuvre modifie les conditions d’apparition des suivantes.

Il n’y a pas hiérarchie.
Il n’y a pas centre.
Il y a propagation.

Le titre — Minima que dalle — accentue encore cette idée :
quelque chose de presque rien, de ténu, de minimal,
et pourtant suffisant pour produire des effets de tension.

Un impact suffit à fissurer l’ensemble.
Un geste minime suffit à reconfigurer le champ.

Être un bon shérif, ici, ce n’est pas seulement retrouver l’ordre des tirs.

C’est savoir lire :

où un geste s’est arrêté,

où il a été contraint,où il a infléchi les autres.

Mais le miroir ajoute une dimension supplémentaire :
celui qui observe est aussi pris dans le reflet.

Le spectateur apparaît dans la surface brisée.
Son image est fragmentée par les lignes des artistes.

Ce n’est plus seulement l’histoire d’un petit groupe réuni pour une exposition.
C’est l’histoire d’une situation où chacun agit dans un champ déjà traversé par les autres —
et où le regardeur lui-même est inclus dans la fissure.

Peut-être qu’être un bon shérif, dans ce contexte,
ce n’est pas imposer un ordre,
mais accepter que la forme se construise par ajustements successifs,
dans un miroir qui ne sera plus jamais intact.

Où nous trouver?

Galerie Flux

  • 60, rue Paradis – 4000 LIEGE
  • Tél 04 253 24 65

Ouvert du jeudi au samedi de 16h00 à 19h00 ou sur rdv au +32496721339

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